L'informatique dans la musique électroacoustique.

 

       S'il y a bien un mariage à retenir au 20ème siècle , ce n'est pas celui d'un quelconque couple princier mais celui de l'informatique et de la musique électroacoustique.L'histoire d'amour commence en 1979 , lorsque l'australien Fairlight commercialise son Fairlight CM-1.C'est la rencontre de l'ordinateur et de l'échantillonneur.C'est le coup de foudre!La puissance du synthétiseur , combinée à la rapidité de l'ordinateur , en font un couple envié de tous les musiciens.

 

       Dès cette date , la romance continue et s'intensifie grâce à la démocratisation de l'informatique.Aujourd'hui , il est impensable de concevoir un studio ou même un home-studio , sans y intégrer un ordinateur.

 

       Toutefois , il faut avouer que l'utilisation de l'informatique dans la musique électroacoustique est beaucoup plus fréquente aux Etats-Unis ou au Japon qu'en Europe.Les européens préférent encore utiliser les appareils dédiés , même si leur prix est nettement plus élevé.

 

1)L'avènement de l'informatique:

       Même si l'informatique a rencontré la musique électroacoustique par l'échantillonnage , elle se développera grâce aux cartes son.En effet , les ordinateurs ont très vite eu besoin du son.De nombreuses applications demandaient et surtout nécessitaient du son pour pouvoir être utilisées.Les ordinateurs étant muets , il fallait trouver un système permettant d'intégrer du son dans une application , sans changer la structure interne de l'ordinateur.Les ingénieurs de chez Creative se sont penchés sur la question et ont inventé la carte son.C'est une interface , qui à l'époque n'était pas bien puissante car on échantillonnait les sons sur 8 bits mais qui permettait de générer un son électronique sans intervention humaine.Dès lors , de nombreux constructeurs sont arrivés sur le marché des cartes son.On pense notamment à Emagic ou à Guillemot.Cette concurrence entre les différents constructeurs a été bénéfique quant à la puissance de ces cartes.Aujourd'hui , on échantillonne couramment sur 64 bits.Des constructeurs tentent d'élaborer des cartes son échantillonnées sur 128 bits.

 

       Après les cartes son , l'initiative vient maintenant des musiciens eux-mêmes , en particulier du NAMM , le plus grand salon mondial dédié à la musique électroacoustique.En 1980 , les constructeurs de synthétiseurs adoptent un langage de communication , le M.I.D.I.Les synthétiseurs peuvent désormais communiquer entre eux , mais l'évènement est considérable.Là encore , les informaticiens conçoivent le premier câble de liaison M.I.D.I synthétiseur/ordinateur.Les musiciens se ruent sur les ordinateurs , d'autant plus que Steinberg adapte pour la première fois , un séquenceur virtuel sur un ordinateur , sans perte de puissance.Cubase est né.C'est le premier enfant d'une longue lignée.

 

       Parallèlement à ces deux phénomènes , l'échantillonnage se développe.Ainsi , la miniaturisation des composants électroniques causée par le perfectionnement de l'informatique , permettent à E-Mu de créer le premier échantillonneur portable.C'est l'E-Mu Emulator.Le mariage est scellé.

 

2)L'arrivée de l'informatique dans les studios:

       Les constructeurs de synthétiseurs alléchés par le marché de l'informatique musicale, vont en exploiter tous les domaines.Ainsi , après le séquenceur et l'échantillonneur , c'est au tour des partitions d'être virtualisées.Ainsi , les premiers éditeurs de partitions voient le jour , au milieu des années 1980.On peut retenir Finale , la Rolls-Royce des éditeurs de partition et également Encore , un éditeur permettant de créer ses propres annotations!

 

       Insatisfaits de leurs prouesses techniques , les informaticiens aidés des musiciens vont cette fois s'attaquer aux tables de mixage.La tâche est rude et ambitieuse , mais les résultats seront au rendez-vous.La première table de mixage virtuelle verra le jour à la fin des années 1980.A partir de cette date , les tables de mixage , seront intégrées aux cartes son!

 

       Vient ensuite le tour du synthétiseur , dernier grand bastion à résister à la virtualisation.Malheureusement , la résistance sera de courte durée.C'est au début des années 1990 , que le premier synthétiseur virtuel est conçu.L'inconvénient majeur de la virtualisation des synthétiseurs vient de la faible puissance du synthétiseur virtuel.En effet , ses possibilités sonores , dépendent très largement de celles des cartes son utilisées , ce qui , dans le milieu musical est impardonnable.En réalité , le synthétiseur virtuel s'adresse aux musiciens amateurs à faible budget.

 

       On croit le mariage synthétiseur/ordinateur menacé , quand la virtualisation du direct-to-disk , fait son apparition au milieu des années 1990.Plus de perte de puissance , cette fois.Le succès est au rendez-vous , car le direct-to-disk virtuel est beaucoup moins cher qu'un Akai DR-16!Les musiciens s'arrachent les direct-to-disk virtuels , pour leurs home-studios.Chez les professionnels de la musique , cette innovation sera quelque peu boudée.

 

       Enfin , les processeurs d'effets se virtualisent.Le résultat est remarquable et les professionnels de la musique retrouvent le sourire.On obtient maintenant des effets plus vrais que nature!

 

       En conclusion , l'épopée de l'informatique musicale a encore de beaux jours devant elle.Reniée par les professionnels du son , la virtualisation intensive a contribué sans aucun doute à la démocratisation de la musique électroacoustique , même si la puissance et les capacités des nouveaux instruments électroacoustiques a diminuée.

 

       Enfin , malgré les inconvénients de l'informatique , nous ne pouvons qu'espérer que le mariage entre l'informatique et la musique ne perdure jusqu'aux noces d'or!

 

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